Fake news, fausses nouvelles et infox

par | Avr 23, 2020 | Bonnes pratiques, Rubreek

Fake news, fausses nouvelles et infox

par Florence Durif | Conseils

Trois termes pour désigner le même phénomène : la diffusion de fausses informations. Au temps des dinosaures (comme disent nos enfants), les informations n’étaient diffusées que par les journaux, la télévision et la radio par des professionnels : les journalistes. Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, chaque individu peut envoyer un tweet, un message avec la même facilité et parfois le même public qu’une institution ou qu’un grand media. Toute information devient donc suspecte voire complètement farfelue : il devient facile de sombrer dans la paranoïa.

Attention un article plein d’erreurs n’est pas une fake news : l’erreur est humaine ! L’infox est une information écrite pour tromper, manipuler la personne qui la lit dans le but de tirer un avantage (financier, politique, idéologique…).

Dans cet article, nous allons essayer de comprendre ce qu’est une fake news, sa genèse et ses mécanismes, comment déceler une infox et vers quelles sources d’information se tourner.

Recette pour faire une belle fake news !

  • choisir un sujet d’actualité très anxiogène et pas encore maîtrisé (un virus, une innovation technologique)
  • partir d’une information vraie et la déformer. Il est possible aussi de copier de vrais sites en formatant les informations pour qu’elles puissent passer pour vraies. On a vu par exemple quand des photos d’un événement passé s’invitent dans un événement actuel. Des photos datant de 1989 d’incendies de forêts sont apparues lors des incendies en Amazonie l’année dernière, elles ont été partagées des millions de fois sur les réseaux sociaux comme des photos prises en 2019 !
  • soigner la forme : elle doit se présenter comme un véritable article de presse. Plus sa forme sera sérieuse, plus j’aurai envie de la partager ! Et avec les logiciels de retouche actuels, il n’y a plus de limite.
  • imaginer une source crédible et célèbre si possible. Avec un air mystérieux, vous partagez cette information ultra-confidentielle issue d’un ami du concierge du ministre Untel qui a dit que « … ». L’effet boule de neige est immédiat. Ce serait presque drôle, si cela ne pouvait s’avérer dangereux. Plusieurs fausses rumeurs circulant sur Internet ont, par exemple, avancé que la consommation de cocaïne ou d’alcool immuniserait contre le COVID-19. En Iran, cela a engendré de nombreux cas d’intoxication mortels au méthanol.
  • partager à ses amis : en effet les «fake news» utilisent des ressorts très émotionnels qui favorisent les clics, le partage, l’engagement de ses proches. Cela repose sur le principe : « J’ai confiance en mes amis, en mon réseau ». C’est malheureux mais pour s’informer, la plupart des internautes font plus confiance à leurs amis qu’aux médias, même reconnus.
  • rajouter une pincée de complotisme, un soupçon de mysticisme et vous obtenez une belle infox !

Une nouvelle vient de tomber : si vous regardez bien mais le ne dites à personne : CORONA… 6 lettres… et si vous faites la somme des lettres… 66… 666 cela ne vous dit rien ? Il fallait le trouver non !

Comment déceler une infox ?

Attention, ne vous brouillez pas systématiquement avec les personnes qui vous ont envoyé une infox. En effet, elles n’ont pas forcément conscience qu’elles participent à une campagne de désinformation. C’est même plus complexe, parfois, elles relaient juste un doute : «Je ne sais pas si c’est vrai ou pas, des médias disent que c’est faux, mais moi j’y crois». C’est le concept de «post-vérité», ou de «fait alternatif».

Pour vous comme pour moi, vérifier les informations n’est pas donc pas simple. Les journalistes professionnels doivent jouer ce rôle et sont garants de la vérité.

Quelques règles de prudence

  • prendre deux minutes avant de relayer une information pour ne pas être débordé par l’émotion. Certains de vos amis relaient sans aucun doute des articles avec des photos d’animaux blessés… ça fonctionne toujours ! Un signal doit résonner dans votre tête : je ne réagis pas par instinct mais je vais contrôler le contenu.
  • ne pas partager une information seulement parce qu’elle est « likée » des milliers de fois ou qu’elle a beaucoup de vues : ce n’est en aucun cas un signe de véracité !
  • s’interroger sur la source : qui est l’auteur du message ? Est-il connu ou non ? Fiez-vous toujours plus aux médias reconnus, aux journalistes et aux experts identifiés. Les sites se terminant par .gouv.fr sont fiables. Pour vos recherches médicales, vous pouvez consulter cette newsletter d’Haltemis.fr, très bien faite : ICI
  • recouper toujours l’information avec d’autres médias. Si elle n’apparaît nulle part ailleurs… attention ! Fuyez les informations qui contiennent « tout le monde sait que » ou « inutile de démontrer que » car plus une information est surprenante plus elle doit être précise et étayée.
  • privilégier un article dont l’origine de ses informations est transparente, qui se montre mesuré dans ses affirmations, confronte différents points de vue ou encore admet et rectifie, le cas échéant ses erreurs.
  • signaler les informations fausses sur les plateformes pour aider au nettoyage et stopper net la diffusion de ce contenu

 

Granny Geek® vous conseille

  • Vérifiez qu’une information est partagée par plusieurs médias, et pas seulement par un média alternatif comme Le Média, Mediapart ou encore Arrêt sur images
  • Favorisez toujours la pluralité de l’information
  • Sur les réseaux sociaux, ne partagez pas une information si vous ne pouvez pas la vérifier.
  • Ne partagez pas une information fausse ou malveillante, même pour la dénoncer car cela renforce sa présence en ligne : signalez-la.
  • Des médias proposent des outils de vérification des informations : consultez-les, interrogez-les : les Décodeurs ou encore Factuel, Vrai ou Fake sur France Info.

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